Bobo : Acronyme de bourgeois bohème, désignant quelques nantis que l’ennui et le besoin de reconnaissance au sein de leur microcosme poussent à repousser les limites du ridicule et du mauvais goût en s’habillant comme des pauvres tout en menant un train de vie de riche…
Ces handicapés du cerveau pousseront le cynisme à son paroxysme en sortant la Visa Gold de leur jean Gucci rapiécé pour payer leur bouteille de champagne à la « Favela Chic » (sic !) Non, non, vous ne rêvez pas, cet établissement parisien très tendance tire bien son nom des taudis insalubres de Rio de Janeiro dans lesquels s’entassent des dizaines de milliers de désoeuvrés qui, dans leur détresse absolue, n’ont sans doute pas l’esprit assez pervers pour imaginer qu’à Paris, quelques bobos en manque d’exotisme malsain aient pu avoir l’audace d’accoler l’adjectif « chic » aux dépotoirs dans lesquels des gosses crèvent littéralement de faim chaque jour que le diable fait.
A quand le « RMI Dandy » ou « Le Fabulous SDF »
Pour conclure, lu dans un « guide du clubbing » d’octobre 2005, l’interview d’un petit branleur bobo qui répond à quelques questions sur la Favela Chic, que je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle avec les réponses que donnerait un habitant d’une authentique favela pas chic :
- L’esprit de la Favela en trois mots ?
Réponse Favela Chic : Festif, coloré et diversifié.
Favela pas chic : insalubre, glauque et invivable.
- Les trois accessoires les plus hype à la Favela ?
Réponse Favela Chic : Une perruque afro extravagante, des lunettes à paillettes qui mangent la moitié du visage, et un boa.
Réponse favela pas chic : Des vêtements, de la nourriture, un toit.
- Vous y buvez quoi ?
Réponse Favela Chic : De la caïpirinha, caïprovska, mojito et beaucoup d’eau
Réponse favela pas chic : un peu d’eau de pluie et beaucoup d’eau croupie.
- Moralité à la Favela Chic ?
Réponse Favela Chic : c’est parfait pour exhiber son nouveau maillot de bain en plein hiver.
Réponse favela pas chic : c’est pas facile de survivre dans la rue en plein hiver.
Si le ridicule ne tue toujours pas, la pauvreté, elle, continue de faire des petits morts dans l’indifférence totale…
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